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mercredi 9 août 2017

ALBERTO MANGUEL : KIPLING une brève biographie


Traduit par Christine Le Boeuf

"Pour Kipling, les enfants étaient des héros qui parfois -mais pas toujours -devenaient des adultes acceptables, et c'était dans l'enfance que l'on pouvait trouver les plus grandes qualités - et parfois les pires défauts - d'un individus."

Alberto Manguel dresse  plutôt un portrait de Ruyard Kipling. Il est né à Bombay en 1865,  au moment où le terme Empire britannique est à son apogée. Son père, John Lockwoo était conservateur de musée. Sa mère de Kipling, Alice MacDonald  est la fille de Georges MacDonald, une de ses soeur est mariée à Edward Burne-Jones.  "Au printemps 1871, quand Rudyard avait six ans et Trixie trois, la famille s'embarqua à Bombay pour l'Angleterre et, quelques mois plus tard, le frère et la soeurse retrouvèrent aux mains de deux parfaits inconnus. " Et pendant cinq ans ils ne furent pas leurs parents.
Burne-Jones
Quelle cruauté !  Le jeune Ruyard  est expédié à six ans avec sa soeur qui en a trois vers l’Angleterre. Ils sont  confié à de parfaits inconnus, période traumatisante pour le petit Ruyard. Pour s'évader il inventa des histoire c'est comme cela qu'il commencera à devenir écrivain  à évoquer l’enfant abandonné  que l'on retrouve dans Kim et Mowgli. " Au moment de Noël, Kipling et Trixie étaient invités chez leur tante et leur oncle Burne-Jones et leurs jeunes cousins dans une belle maison de Londres appelée la Grange."Quand il revient en Inde il devient journaliste.
Henry James est un grand admirateur et très proche  de Kipling. "Kipling, écrivit le romancier Henry James, me frappe personnellement par son génie, le plus complet (à distinguer d'une belle intelligence) que je n'ai jamais rencontré."
Caroline Balestier
Il se marie avec une américaine fille d'un agent littéraire Caroline dite Carrie Balestier .  Elle est la mère de ses trois enfants Joséphine, Elsie et John. Il va voyager avec elle aux Etats-Unis, dans le Vermont, Japon.  Il était très proche de Stevenson  Il perdu sa fille aîné et sa préférée Joséphine. Il vécut en Afrique du Sud au début de la guerre des Boers.  A la fin de sa vie il pause ses bagages dans le Sussex .Il  reçu le Nobel en 1907 à l'âge de quarante deux ans. En 1914 Kipling persuada son fils John  de s’engager dans l’armée. Il sera décédé à la  bataille de Loos sur le territoire français.  Il était défenseur de l'impérialisme, il était anti-allemand. Les allemands avaient tué son fils, ils les détestaient.  Il devient un écrivain et un poète reconnu et admiré. Mort en 1936 à Londres.
Cet ouvrage d'Alberto Manguel est très agréable à lire avec de nombreuses anecdotes savoureuses.  Ruyard Kipling est un écrivain assez méconnu dans l'ensemble. L'on ne connait pratiquement de lui que "Histoire comme ça" et le "Livre de la Jungle". Cet ouvrage d'Albert Manguel est un régal.


samedi 29 juillet 2017

VITA SACKVILLE WEST : PEPITA

Traduit par Emmanuel Lossowsky

"Sa beauté, sa générosité , et de façon plus générale, sa réputation faisait le sujet de toutes les conversations."
Lionel Sackville-West
Pepita, est la grand-mère de l'auteur: danseuse espagnole d'origine modeste. Vita a toujours eut beaucoup d'admiration pour cette grand-mère hors norme.  Elle est née en 1830 à Malaga. "Dés qu'elle sut marcher Pepita apprit la danse à l'école de flamenco proche de chez elle." Elle rencontre un danseur expérimenté Juan Antonio Gabriel de la Oliva avec qui elle va se marier. Mais trois mois après son mari est infidèle, il vont se séparer.  " On ne pouvait attendre de quelqu'un comme Pepita qu'elle fût la femme d'une seule passion , j'aurais préféré la dépeindre de façon plus romantique, du début à la fin de sa vie, mais une telle image n'aurait été qu'à moitié vraie. " Elle rencontre à Paris, en 1852, un jeune diplomate anglais, Lionel Sackville-West.   Il reconnut la paternité des cinq enfants illégitimes de Pépita :  trois filles et deux garçons. Victoria (la mère de Vita  ) fut baptisée Victoria Josefa Dolores Catalina.  
Pepita meurt en 1871. Victoria fut envoyée dans un couvent parisien avec ses soeurs, Flora et Amalia. Victoria est mise en pension à l'âge de onze ans et n'en sorti qu'à l'âge de dix-huit ans. Victoria s'en va rejoindre son père à Washington, où il est ministre d'Angleterre, où elle tient sa maison, organise les réceptions.
Wictoria Sackville -West

Victoria épouse son cousin germain, qui s'appelle aussi Lionel Sackville-West et se trouve être l'héritier de Knole (une des plus grande demeure historique d'Angleterre) en 1890. Un homme compta beaucoup dans la vie de Victoria est Sir John Murray Scott alias Seery, il fut son confident jusqu'à sa mort en 1912. Tous les deux parlaient à la fois en français et en anglais. Il avait hérité de Bagatelle.  
Sir John Murray Scott alias Seery
Pepita ayant été mariée une première fois mais pas divorcé officiellement, elle ne pouvait pas avoir épousé le père de ses enfants. 
Nigel Nicolson,  fils de Vita, a raconté ce secret de famille dans Portrait d'un mariage . "Une famille appartenant à la plus haute société édouardienne se querellait publiquement au sujet d'un héritage - celui de l'une des maison et d'une somme d'argent importante - et tout cela parce qu'un jeune diplomate , tombé amoureux d'une danseuse espagnole, soixante ans plus tôt, et en avait fait sa maîtresse. Et pour couronner le tout, la nouvelle Lady Sackville se voyait obligée de réfuter la déposition de son frère et de se déclarer ouvertement, et même avec emphase, une bâtarde , tout comme les autres enfants de son père. "
Knole
Mais Pepita est une reconstitution, et toute la première partie s'appuie sur les témoignages espagnols: on y voit Catalina, la gitane, la mère de Pepita, profiter inconsidérément des succès de sa fille sur les scènes européennes.

Pepita est une véritable saga familiale dans laquelle se mêlent le mode des gitans et celui de l'aristocratie britanique, le besoin de reconnaissance de paternité. L'histoire de Pépita est très ancré dans son époque Victorienne. 

lundi 26 juin 2017

LAETITIA COLOMBANI : La tresse

 Trois femmes très différentes l'une de l'autre. 
Ces trois femmes sont liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre.
 Smita est indienne, c'est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école. 
Giulia est sicilienne, elle travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée. 
Sarah est canadienne, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade. Un premier roman a la structure originale humaniste. 
C'est un premier roman très agréable à lire. 

vendredi 23 juin 2017

Jérôme Peignot : Portrait en miroir

Dans le cadre du dernier Masse Critique, j'ai été intéressé par cet ouvrage car le nom de Jérôme Peignot me disait quelques choses à mes oreilles. J'avais lu de lui Typoésie (il y a un moment déjà). 
Portraits en miroir est une galerie de portraits. De personnes que Jérôme Peignot  a connu intimement ou simplement rencontré. Ces portraits se reflètent sa mémoire.  Il dresse aussi le portrait d'une époque lointaine. Ces rencontres sont amusantes mais pas passionnantes non plus pour mettre en appétit le lecteur. Cet ouvrage ressemble à une autobiographie à l'ambiance feutrée. 

Jérôme Pégnot est le neveu de Colette Peignot, plus connue sous le nom de « Laure », la compagne de Georges Bataille, il a joué un rôle décisif dans la publication de ses écrits, contre la volonté de son père qui détenait les droits et menaçait de le poursuivre en justice. 

jeudi 18 mai 2017

MARYAM MADJIDI : Max et la poupée


Goncourt du 1er Roman 2017

Gros coup de coeur !!! Un premier roman magnifique. 
À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l’abandon du pays. Ses parents communistes ne peuvent pas continuer à vivre en Iran sous Khomeini. A l'âge de six ans Maryam quitte l'Iran Pour la France. Là, elle va apprendre le français. Sa langue natale, le persan  l’efface progressivement du persan, Elle va tour à tour rejeter cette langue maternelle , puis l' adopter. 

Passage cocasse dans ce roman, les parents cachent des tracts communistes dans les couches de sa fille. 
Ce roman est une fable, les chapitres sont courts, Maryam évoque ses souvenirs, ses propres émotions. La patrie est la langue de Maryam. C'est la réflexion qu'elle s'est faite une fois adulte. Le regard de l'autre définit qui l'on est. 
J'ai aimé les passages où il est question de la langue : la langue du pays d'origine le Persan et la langue du pays d'adoption.  Un roman riche, émouvant, l'écriture est superbe, en un mot une véritable réussite.

samedi 22 avril 2017

SARAH BARUKH : Elle voulait juste marcher tout droit

Voilà enfin un roman dans le cadre de l'opération des 68 première fois qui m'enchante. En même tant quoi de plus normal le personnage principal se nomme Alice comme moi !

Le début en tout cas , j'ai apprécié quand Alice est avec Jeanne, sa nourrice dans les Pyrénées. Son arrivée à Paris, Alice a retrouvé sa mère abîmé par la guerre, son ami Jean-Joseph et le quotidien vu par une enfant qui a grandit trop vite. J'ai trouvé cette partie pleine de mystère. Les pages se tournent rapidement et le lecteur est avec Alice. Qu'est ce qu'elle va devenir ? Qu'elle va être son chemin?

Par contre, je n'ai pas trop adhéré la partie en Amérique à New York, je ne la trouve pas crédible et elle ne tient pas de bout selon moi, trop d' informations, trop dense .

Le point très fort de ce roman est de se passer pas pendant la seconde guerre mondiale mais après, une fois que la guerre est fini. Comment se présente la vie à cette époque ! En conclusion que je trouve ce premier roman ambitieux et plutôt réussit et Alice est une petite fille terriblement attachante. 

lundi 17 avril 2017

DOMINIQUE BONA : Colette et les siennes


J'aime beaucoup la plume biographique-romanesque de Dominique Bona. Et j'ai une immense affection pour Colette et tout son univers.

"Colette les a fait venir chez elle toutes les trois, Musi, Annie et Marguerite. Ses amies, ses presque soeurs. Elles habitent à deux pas de chez elle, toutes dans le XVIième arrondissement, mais elle ont préféré se regrouper."
En août 1914, hommes  sont partis à la guerre. Les femmes s’organisent et elles font face à la vie. Dans une jolie maison, proche du bois de Boulogne, Colette, la romancière, la journaliste célèbre, fait venir ses amies les plus proches. Toutes appartiennent au monde de la littérature et du spectacle. 
 Annie de Pène, la chroniqueuse, Marguerite Moreno, la comédienne, Musidora dite Musi, bientôt la première vamp du cinéma, la plus jeune du groupe… Pour Colette l'amitié et l'amour ne font qu'un. 

Ces quatre femmes libres s’inventent une vie tendre, pleine de rêves et de douceur : les cheveux courts et sans corsets, elles n’oublient pas le ciel de Paris où passent les dirigeables, ni leur travail, ni les hommes. Colette est mariée à Henry  de Jouvenel le père de sa fille Colette de Jouvenel. Sa fille est en Coréze à la déclaration de la guerre. 
" Sur une photographie qui fera dans quelques mois la couverture du magazine Les hommes du jour, elle souris de ses lèvres minces ultra féminine sous sa toison d'astakan."

Annie de Pène  a appris son métier sur le tas. 
Elle a  partagé la vie de Gustave Téry, célèbre directeur de L'Œuvre. célèbre directeur de L'Œuvre. Ils ont eu chacun de leur côté des enfants mais pas ensemble. 
Germaine Beaumont
Annie s'est mariée très jeune à l'âge de seize ans . Elle a eu une fille et un fils de Charles-Auguste Battendier qui s'est occupé de l'éducation des enfants. Sa fille est la future romancière Germaine de Beaumont. Elle disparait à l'âge de quarante sept ans, le 14 octobre 1918. 


Lévy - Dhumer
Marguerite Moreno






"Avec des yeux de jais, ardents et profonds, un grand nez droit qui attire l'attention des cheveux noirs et lisses, coiffés en bandeaux plats, elle a le profil d'une Egyptienne  : Marguerite Morano"
Le premier était un poète Catulle Mendès. De sa liaison avec ce poète, elle a été mère d'un petit garçon qui n'a pas survécut, il est mort d'une méningite.
Le deuxième un écrivain Marcel Schwob. Il a été son grand amour. Elle l'a épousé en septembre 1900.
Le troisième un comédien Jean Darragon. Ils se sont mariés en 1908.

Musidora


"Visage à l'ovale de madone orientale . Yeux noirs en amande, allongés jusqu'aux tempes, que personne n'a jamais vus démaquillés du khôl dont elle surcharge ses paupières. "
Son vrai nom est Jeanne Roques , mais tout le monde l'appelle Musidora : le corps souple et félin. Elle était avec Colette ne Bretagne à Saint Malo au moment de la déclaration de guerre. Le grand succès et sa célébrité, Musidora la doit à son rôle de vampire dessinés par Paul Poiret.  Elle a tourné dans de nombreux films pour la Gaumont sous la direction de Louis Feuillade.
"Dans le film elle se nomme Irma Vep - anagramme de Vampire. Mais très vite elle devient "la" Vampire. Puis comme c'est trop long à dire  : la "vamp". Son nom est trouvé. "Ur Durant la première guerre toutes les productions sont suspendus. Musi et Colette ont été ensemble à l'affiche du Ba-Ta-Clan au printemps 1912. Pierre Louÿs est lié à Musidora " En matière de voluptés, Louÿs est un amateur de sensations sophistiquées : l'attente fait partie du plaisir amoureux."

Dans cette biographie, Dominique Bona nous décrit le temps qui passe ses ravages sans nostalgie.
Cette biographie est un pur délice chatoyant qui s'adresse aux amoureux de Colette et pour tous ceux qui veulent la découvrir. Dominique Bona a signé un magnifique portraits de quatre femmes qui ont compté dans la vie de  Colette.



samedi 15 avril 2017

Jirô Taniguch : Les gardiens du louvre



Traduit du japonais par Ilan NGUYÊN

Une BD/Manga magnifique , envoûtante , onirique et remplit de poèsie !

Au terme d'un voyage collectif en Europe, un dessinateur japonais fait étape en solitaire à Paris, dans l'idée de visiter les musées de la capitale. Mais, cloué au lit de sa chambre d'hôtel par une fièvre insidieuse, il se trouve confronté avant tout à une forme de solitude absolue, celle des souffrants en terre étrangère, privés de tout recours immédiat au coeur de l'inconnu. Alors que le mal lui laisse quelque répit, il met son projet à exécution, et se perd dans les allées bondées du Louvre. Très vite, il va découvrir bien des facettes insoupçonnées de ce musée-monde, à la rencontre d'oeuvres et d'artistes de diverses époques, au cours d'un périple oscillant entre rêve et réalité, qui le mènera pour finir à la croisée des chemins entre tragédie collective et histoire personnelle.

J'ai été happé par la poésie de cette BD, aérienne un beau voyage dans le temps. En tant que lectrice je me suis retrouvée perdue dans l'espace et le temps, un beau voyage aussi autour de la peinture. Au final, cela a été une belle découverte ! 


vendredi 14 avril 2017

Stéphanie Kalfon : Les parapluies d'Erik Satie

Un roman que j'attendais avec impatience ! Car adolescente, j'ai pris un immense plaisir de jouer Satie au piano.


"A Honfleur il n'y a rien à faire, la mer emporte tout. Erik s'est fâché avec l'enfance et toutes les plages de sa vie. Il est heureux dans le bitume loin des clapotis terrestres et de la vulgarité régulière, qui revient cracher dans vos tympan. La vulgarité du mode, c'était cela aussi, sa mélancolie."
En 1901, Erik Satie a trente-quatre ans, il est  sans ressources et sans avenir professionnel. Il délaisse Montmartre et l’auberge du Chat Noir pour une chambre de banlieue sordide Il boit autant, ou plus, qu’il compose. Il condamne l’absence d’originalité de la société musicale de l’époque, et son refus des règles lui vaut l’incompréhension et le rejet de ses professeurs au Conservatoire. 

 " La vie de Satie n'a été qu'un zigzag, un croisement de blues et ragtime , un mélange de spleen, de fête, d'enthousiasmes, de déception, de crises et de défaites, mon Dieu ce qu'il pouvait continuer d'espérer au-delà de toute espérance  ... sa chambre d'Arcueil est cruelle ... sa musique est cruelle ... sa vie fut cruelle ... sa misère fut cruelle..."


Aucun texte alternatif disponible.L 'écriture choisit par Stéphane Kalfon est originale une petite musique mélancolique qui ressort du roman,  à l'image du compositeur.  La couverture résume bien ce roman musical avec l'importance incontournable des parapluies. Ce premier roman est une réussite ! 

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 Jean Cocteau parle de Satie dans "La difficulté d'être" avec beaucoup d'émotion :

" Pendant plusieurs années Erik Satie vient le matin , 10 rue d'Anjou, s'assoir dans ma chambre. Il conservait son manteau(où il n'eût pas toléré la moindre tache) ses gants, son chapeau, incliné jusqu'au binocle, son parapluie à la main. De sa main libre il abritait sa bouche sinueuse quand il parlait ou riait. Il venait d'Arcueil à pied. Il y habitait une petite chambre où après sa mort, sous une montagne de poussière, on retrouva toutes les lettres de ses amis. Il n'en avait ouvert aucune."






dimanche 9 avril 2017

MARIE BARRAUD : Nous, les passeurs

« J’ai voulu raconter l’histoire de mon grand-père et, par ricochet, celle de ses deux fils. J’ai voulu dire ce qui ne l’avait jamais été, en espérant aider les vivants et libérer les morts. J’ai pensé que je devais le faire pour apaiser mon père. Ces mots, c’est moi qu’ils ont libérée. »
Albert Barraud, médecin, il a été  un résistant, et il a été arrêté par les Allemands. Il est envoyé au camp de Neuengamme. Il a eut un destin héroïque. Il a consacré toute sa vie aux autres et délaissant par la même occasion sa famille. Plus de trace de lui, il disparait en mai 1945, sur le paquebot Cap Arcona. Marie va se rendre au camp de Neuengamme avec son frère et elle va chercher à un résoudre le secret de famille. 

Aucun texte alternatif disponible.C'est plus un témoignage  hors du commun, touchant sur une famille qui cherche à savoir, à comprendre ce grand père qui à passé une grande partie de sa vie à sauver des vies. 

mercredi 5 avril 2017

JACKY DURAND : MARGUERITE


En Août 1939, Marguerite est heureuse de son mariage avec Pierre, son amour de jeunesse. La guerre est déclarée, Pierre est mobilisé. La France est occupée. Marguerite affronte la solitude, le quotidien.
 Au contact de Raymonde, la postière libérée des contraintes sociales, d’André, le jeune Gitan qu’elle protège, de sa voisine Germaine, puis arrive Franz l'allemand. Une belle complicité délicate  se dégage entre lui et le jeune André.

C'est un roman qui est long à décoller selon moi. J'ai aimé le passage entre Germaine et Marguerite. Le dernier délicieux repas prit ensemble, avant la mort de Germaine. J'ai ressenti un sentiment pesant  de tristesse chez Marguerite.
"Marguerite" est un roman sombre, dont j'ai aimé l'écriture.

Aucun texte alternatif disponible.

mercredi 29 mars 2017

VANESSA BAMBERGER : Principe de suspension

Un premier roman très actuel, il parle de la France  d'aujourd'hui, de son malaise dans les campagnes. Vanessa Bamberger démontre bien que la fragilité de la vie. Elle ne tient qu'à un fil ! 

"Tu vas quand même pas crever d'une crise d'asthme alors qu'on fabrique des dispositifs antiasthmatique !"
Thomas dirige une petite entreprise Packinterune PME de la filière plastique, dans la campagne Normande à Hayeux.
Un hiver Thomas se retrouve d'un service de réanimation, il est dans le coma, suite à une crise d'asthme. À ses côtés, Olivia, sa femme, attend son réveil. Dans ce temps suspendu, elle revit les craintes des ouvriers, les doutes de Thomas, les trahisons intimes ou professionnelles.


"Thomas méprisait ses anciens camarades. Des minables qui n'essayaient même pas. N'avaient aucun sens du devoir et ne pensaient qu'au fric. Lui était resté et s'était battu pour sa région. "L'expression "le principe de suspension" est le fils rouge de ce roman social. Un premier roman  très juste et très contemporain accompagné d'une très belle écriture. Vanessa Bamberger arrive très bien à traiter du collectif  d'un  problème sociologique  et de la destinée individuelle et de l'intime. 
Aucun texte alternatif disponible.



mercredi 15 mars 2017

CAMPI & ZABUS : MAGRITTE / CECI N'EST PAS UNE BIOGRAPHIE

Un coup de coeur  pour son originalité !

Charles Singullier est un employé ordinaire qui, pour une fois, se permet une petite originalité : il s'achète un chapeau melon au marché aux puces des Marolles à Bruxelles. Une fois le chapeau posé sur la tête, rien ne sera plus pareil.
Avec ce chapeau, Charles rentre dans l'univers de Magritte. 
Une BD qui entraîne Charles dans un jeu de piste qui l'amènera à mieux comprendre Magritte et son univers surréaliste et bien sûr ses tableaux.  

Une Bd que j'ai trouvé renversante et subtile !


lundi 13 mars 2017

CHISTIANA MOREAU : La sonate oubliée




À 17 ans, Lionella, d’origine italienne, ne vit que pour le violoncelle, ce qui la distingue des autres adolescents de Seraing, la ville où elle habite en Belgique. Elle découvre un journal intime, une médaille coupée et... une partition pour violoncelle qui ressemble étrangement à une sonate de Vivaldi. Lionella se trouve plongé alors dans le destin d'Ada,  une jeune orpheline du XVIIIe siècle, pensionnaire de l'Ospedale della Pietà, à Venise, dans lequel  Antonio Vivaldi, enseignait la musique.

Christiana Moreau entremêle les époques le passé et le présent.   Elle évoque le XVIIIe siècle, Vivaldi et Venise c'est une bonne idée romanesque mais je suis perplexe. Je n'adhère pas trop à cette histoire "cousue de fils blanc".
Une déception !

Aucun texte alternatif disponible.Cette sonate sera vite oubliée dommage. Ce roman n'a pas su me captiver, je le regrette.

dimanche 26 février 2017

MARJORIE PHILIBERT : PRESQUE ENSEMBLE

Aucun texte alternatif disponible.

Tout commence le 12 juillet 1998. En pleine finale de la coupe du monde de foot, Victoire et Nicolas se rencontrent dans un bar à Paris
Nicolas et Victoire tombent amoureux. Après l’insouciance des études, vient avec la vie ensemble.  Mais cette vie  ne remplit pas ses promesses. Leur vie est d'une grande platitude, leur vie ronronne. Il ne parviennent pas à donner un sens à leur vie.
L’arrivée de Ptolémée, le chat, leur donne un temps seulement, un sentiment de plénitude.
"Presque ensemble" dresse le portrait d’une époque. Je n'ai pas pris de plaisir à lire ce roman d'une grande froideur. Je ne me suis pas attachée aux personnages sans émotion . J'ai trouvé ce roman plat et il ne m'a pas du tout séduit pour ma part !



dimanche 19 février 2017

RICHARD KENNEDY : J'avais peur de Virginia Woolf


 http://www.mantex.co.uk/wp-content/uploads/2009/09/hogarth_1.jpg


Traduction de Beatrice Veerne et joliment illustré par l'auteur

C'est grâce à Lou de (My Lou Book) que j'ai connu le titre de cet ouvrage. Immédiatement j'ai eu envie de faire connaissance avec ce jeune homme.  Puis le temps est passé, il a fallut que je mette la main dessus, et voilà c'est une chose faite !
"La maison d'édition Hogarth Press, pour laquelle je travaille, se situe au cœur même de ce monde et les auteurs ne cessent de défiler chez nous. Mrs Woolf, la femme du directeur, est un écrivain très célèbre et, à sa façon, elle a plus d'importance que Galsworthy."
Nous sommes en 1926, à Londres, et Richard Kennedy, naïf adolescent de seize ans fait  un stage dans la célèbre maison d'édition la Hogarth Press dirigé par Leonard et Virginia Woolf, grâce à son oncle Georges.
Il se trouve aussi que ce jeune Richard est très  doué pour le dessin. Il sait à merveille faire revivre  l'univers de Bloomsbury.  Les souvenirs de Richard Kennedy sont tout simplement délicieux !
Un récit très agréable à lire, il se dégage plein de fraîcheur à la lecture

 "L'existence de la Hogarth Press et sa politique éditoriale sont, en effet indissociables de sa vocation première : publier les œuvres des Woolf, et surtout celle de Virginia. Dans une lettre à David Garnett datée de Juillet 1927, Virginia Woolf écrit qu'elle trouve par le biais de la Press l'occasion d'inventer "Une forme complètement neuve. Quelle bénédiction de pouvoir faire ce qu'on aime, pas de rédacteur en chef, pas d'éditeur."
Geneviève Brisac et Agnès Desarthe : " La double vie de Virginia Woolf"

En complément voir ici

mardi 14 février 2017

JULIET NICOLSON : mère, filles, sept générations

Juliet Nicolson sur les genoux de sa mère Philippa et son père Nigel Nicolson

Traduction Eric Chédaille

« Si je ne faisais pas la chasse aux fantômes, je passais en revanche beaucoup de temps en compagnie des fées. Elles habitaient une clairière dans le petit bois qui bordait le ruisseau en bas de notre jardin du Hampshire. Dès toute petite, j’ai passé des heures à converser dans le plus grand secret avec cette petite famille de rechange, assise sur la terre humide, face au ruban d’eau miroitante, au milieu de poudroiements de soleil. »
J'ai choisi cet ouvrage dans le cadre de la dernière opération masse critique. La raison est la suivante j'apprécie les histoire de famille sur plusieurs génération et en plus Juliet Nicolson est la descendante de la célèbre femme excentrique Vita Sackville- West (romancière et elle fut l'amie de Virginia Woolf). Elle nous offre un livre de mémoire et de transmission. Elle dresse les portraits de sept femmes aux privilèges parfois lourd à porter.
La première étant Pépita Duran, une danseuse espagnole (1830-1871) sa fille Victoria et Vita la petite fille de Pépita sont des femmes a fort tempérament et elle termine son ouvrage en 2013 avec sa petit fille Imogen. Elle évoque aussi son père Nigel Nicolson, l'auteur de " Portrait d'un mariage". Juliet a été très complice et proche de son père, alors qu'elle a été plus distante avec sa mère Philippa.
 J'ai été moyennement conquise par cet ouvrage au vu de mes attentes voir plus haut. J'y ai trouvé aucune émotion, il ne me reste pas grand chose de cette histoire familiale quelques jours après avoir lu cet ouvrage. Peut-être que je ne l'ai pas lu au bon moment ? Peut-être que je suis passée à côté d'un livre fort intéressant ? Peut -être à relire un jour ?
Il ne me reste plus qu'à lire Orlando de Virginia Woolf, roman dédié à la poétesse Vita Sackville-West

samedi 14 janvier 2017

BILAN de l'année 2016




Cette année 2016 n' a pas été une belle année en ce qui me concerne. Je n'ai pas rencontré beaucoup de belles lectures, mais plutôt pas mal de déceptions rencontrées.  Quoiqu'il en soit j'aime toujours autant parler de mes lectures (mon blog a eut 10 ans). J'ai créé un nouveau blog dédié à la jeunesse. Pour la simple et bonne raison au fil du temps, la littérature jeunesse prend une grande place dans ma vie de lectrice.  D'ailleurs, j'ai lu de très bon documents et roman jeunesse. Durant l'année 2016, j'ai participé à un comité jeunesse  du SLPJ (documentaire/ livre d'art). Durant l'année j'ai lu de très beaux romans jeunesses. J'ai apprécié la justesse de ton de la série signée Marie Aude Murrail: Sauveur et Fil : saison 1 et  saison 2. J'ai découvert un grand classique de la littérature jeunesse le très touchant "Le lys de Brooklyn" de Betty Smith. Une très belle lecture coup de cœur !

Durant le mois de Janvier 2016, j'ai fait une excellente découverte littéraire. J'ai découvert l'écriture d'Octave Mirbeau avec Le journal d'une femme de chambre.

J'ai eu le plaisir de retrouvé une amie au destin tragique : Anne Frank :
- Anne F d'Hafid Aggoune  et la très belle adaptation de son journal en BD d'Antoine Ozanam.


J'ai fait une belle découverte avec le roman de Claire Barré : Phères.

L'essai de Lauren Malka :" Les journalistes se slashent pour mourir" a été pour moi une merveilleuse lecture, passionnante.
 Je  me suis régalée avec la lecture du Houellebecq " La carte et le territoire" Prix Goncourt. J'ai aimé parcourir l'excellent essai de Jean Marc Quaranta dédié à Houellebecq et la cuisine.

J'aime toujours autant lire des auteurs classiques.
Je prends beaucoup de plaisir à lire ou de relire  Maupassant : Bel ami, Pierre et Jean et Une vie



Durant mes vacances d'été je me suis régalée avec l'autobiographie d'Agatha Christie .
 J'ai lu une biographie explosive : Les sœurs Mitford. La biographie romanesque et poignante "Être ici est une splendeur" de Marie Darrieusecq est peut-être bien mon coup de cœur de l'année !

 Durant l'année 2016, j'ai rendu visite à la grande conteuse nordique Karen Blixen.Tout à d'abord, j'ai apprécié l'adaptation de sa vie en BD : La lionne, un portrait de Karen Blixen.  J'ai lu son conte : Les rêveurs.

Dans le cadre de la rentrée littéraire j'ai lu très peu de romans. J'ai beaucoup apprécié le dernier le roman de Catherine Cusset : l'autre que l'on adorait. Il est question justement de Proust. El il se trouve que durant le mois de novembre,
j'ai fait la connaissance du frère de Marcel Proust Robert avec deux ouvrages : Le manteau de Proust et à la recherche de Robert.


Puis Oscar Wilde a été présent à l'automne 2016 avec le très beau document, édition Bartillat Oscar Wilde en Amérique et l'exposition du Petit Palais. Je me suis régalée avec le Mooc de Pascal Alquien sur Oscar Wilde. J'ai aimé me plongé dans l'ouvrage de Patrick Chambon : Fabulleux : une merveille de poésie. Les dessins me font penser à des bulles de champagne .Voir ici, son amie Lou en parle très bien !


Mon autre coup de cœur est un premier roman d'une grande richesse où le destin d'une femme rencontre l'histoire de ses origines arméniennes, un roman a la fois simple, d'une grande richesse. Il s'est imprégné dans ma mémoire après avoir refermé le livre ! Un 24 avril à Paris de Fabienne Liadzé.
Je  me suis plongée dans de très beaux romans graphiques et de BD :
- Coup de cœur pour Joséphine Baker de Catel & Bocquel



lundi 9 janvier 2017

Exposition Oscar Wilde

Le petit Palais est un magnifique musée, très lumineux, quand l'on se dirige vers l'exposition l'on tombe nez à nez devant cette magnifique photo géante d'Oscar Wilde. De la lumière, l'on passe à l'obscurité. Mais, j'ai tout de même aimé la première salle où l'on voit Oscar enfant avec ses parents. Et deux très beaux tableaux qui m'ont touchée celui d'Ellen Terry (pour qui j'ai une immense affection, elle a été aussi l'amie de Lewis Carroll), nommée la Sarah Bernhardt anglaise  et la belle  Lillie Langtry surnommée " Le lys de Jersey". Toutes les deux étaient amies avec Oscar Wilde. J'ai apprécié la salle rouge dédiée à Salomé, la couleur rouge correspond à la sensualité que dégage cette pièce. J'ai été saisie et j'ai apprécié de voir l'Oscar Wilde esthète, amoureux de l'art, c'est l'image qui me reste dans mon cœur !
Maintenant ce qui m'a déplue le manque de lumière, la scénographie de l'exposition est trop sombre manque de recul, elle ressemble à un tombeau. C'est bien dommage, me semble t-il ! J'aurai aimé voir les couleurs suivantes : jaune des tournesols, vert des oeillet, un blanc crème des lys, couleur des fleurs qu'Oscar Wilde affectionnaient. Pour conclure sur une note positive c'est une exposition tout de même intéressante pour découvrir Oscar Wilde, aussi de lui rendre hommage !

lundi 2 janvier 2017

CATHERINE CUSSET : L'Autre qu'on adorait

C'est  Thomas, un homme d’une  grande vitalités, il est  le proche ami de la narratrice Catherine Cusset. Elle s'adresse à lui Thomas la deuxième personne du singulier. 

Elle  interroge et cerne au plus près la sensibilité instable, de son cher ami disparu.Catherine remonte le fil de son parcours sinueux. Elle décrit ses espoirs, ses histoires d"amour passionnées .Thomas est entouré d'amis, ils se multiplient autour de lui,  aussi bien à Paris qu' aux Etats- Unis. Thomas était un homme cultivé qui aimait la vie. Il la vivait à cent à l'heure.

J'ai apprécié le style serré et le rythme rapide pour démontrer la  descente aux enfers de son ami Thomas, même si il y a quelques longueurs tout le même. Catherine Cusset donne un récit bouleversant d'une descente aux enfers de son ami disparu.

mercredi 28 décembre 2016

Marcel Aymé : Le passe-muraille

Marcel Aymé par Jean Marais
C'est une des plus célèbre nouvelle de Marcel Aymé.

" - Monsieur, vous êtes un voyou, un butor et un galopin."
Dutilleul posséde le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé. Il porte un binocle, une petite barbiche noire, et il est employé de troisième classe au ministère de l'Enregistrement.
Dans un premier temps, il profite d'abord de son don pour rendre fou son chef de service. Dans un deuxième temps, il commet des vols dans les plus grandes banques et bijouteries, signant du nom de « Garou Garou ». " Ce Garou-Garou, disaient-ils, est un homme formidable, un surhomme de génie" Il se fait volontairement arrêter pour démontrer à ses collègues de bureau qu'il est bien Garou Garou et est incarcéré à la prison de la Santé. Quittant plusieurs fois sa cellule (pour emprunter des livres dans la bibliothèque du directeur de la prison ou aller déjeuner au restaurant), il s'évade définitivement. Il pense partir pour l'Égypte mais tombe amoureux d'une femme mal mariée qu'il a croisée dans la rue. Mais une nuit, alors qu'il quitte la chambre de sa conquête, il perd son incroyable don pour se retrouver prisonnier d'un des murs de la maison.

Il y a peu, j'ai vu une adaptation moderne de cette nouvelle dans le Paris d'aujourd'hui   avec Deny Podallydes sur Arte qui m'a enchantée. Dans cette comédie fantastique, le réalisateur Dante Desarthe métamorphose Dutilleul, un homme doux, naïf, et tendre  en super-héros. C'est magnifiquement réussit !!!

lundi 26 décembre 2016

Fabienne Léonian-Liadzé : Un 24 avril à Paris

" C'est un rituel. Chaque année, le 24 avril est un jour sacré."
Gayané, jeune Française d’origine arménienne, adore son métier de  kinésithérapeute. Elle est  célibataire à la recherche d'un futur mari. Et, elle aimerais faire plaisir à ses parents pour qu'il soit d'origine arménienne comme elle. 
Ce 24 Avril 2015,  marque le centenaire du génocide des Arméniens, elle se rend, comme chaque année, aux manifestations du souvenir à Paris. Elle connaît très mal son histoire familiale, ses origine. Alors que  Séta, sa meilleure amie,  connaît très bien l'histoire de ses origines arméniennes :  les massacres, les déportations puis l’arrivée et l'intégration progressive de ces réfugiés en France, plus particulièrement à Marseille et à Issy-les-Moulineaux" Issy-les-Moulineaux, ville multi-industrielle, avait accueilli depuis le début du 19è siècle des ouvriers de nationalités différentes pour faire fonctionner ses usines par manque de main d'œuvre locale".
 L'histoire des origines de Séta est tout simplement passionnante car elle permet de découvrir l'histoire d'un peuple. Et, elle permet à Gayané de s'interroger pour   savoir d'où elle vient et  de donner un sens à sa vie.
C'est un roman qui fait écho avec l'actualité de nos jours. Il est question d'Alep, comment ne pas penser à cette ville meurtrie il y a peu !"Alep était à cette époque sous protectorat français, et au bout d'un an, Iknadios voulut s'enfuir en France. " 
 Il est question de terre accueil, de reconnaissance envers ce pays qui a su les accueillir avec générosité  : "Il termina de raconter son histoire, en disant qu'il avait été content de vivre une vie tranquille en France, ce pays qui l'avait accueilli après avoir vécu des choses terribles." Fabienne Léonian-Liadzé via la voix de Gayané est reconnaissante à la ville d'Issy les Moulineaux à  l'accueil qui a été fait au peuple arménien. Un premier roman attachant, écrit avec beaucoup de générosité  et de cœur. C'est un roman à découvrir ! 

samedi 24 décembre 2016

GUY DE MAUPASSANT : UNE VIE

" Et Jeanne se sentait devenir folle de bonheur. Une joie délirante, un attendrissement infini devant la splendeur des chose noya son cœur qui défaillait. C'était son soleil ; son aurore ; le commencement de sa vie ! le lever de ses espérances ! Elle tendit les bras vers l'espace rayonnant avec une envie d'embrasser le soleil ; elle voulait parler, crier quelque chose de divin comme cette éclosion du jour ; mais elle demeurait paralysée dans un enthousiasme impuissant."Jeanne est une jeune aristocrate de  dix-sept ans. Elle a quitté le couvent pour commencer une vraie « vie ». Elle fait connaissance de celui qui va être son mari  Julien de Lamare.
Il trompe Jeanne avec sa domestique Rosalie qui tombe enceinte, puis avec une voisine du nom de Gilberte de Fourville qui se disait amie de Jeanne. Elle accouche prématurément de son premier enfant, Paul, qui connaît quelques problèmes de santé. " Elle voulait connaître son enfant ! Il n'avait pas de cheveux, pas d'ongles, étant venu trop tôt , mais lorsqu'elle vit remuer cette larve, qu'elle la vit ouvrir la bouche, pousser ses vagissements, qu'elle toucha cet avorton, fripé, grimaçant, vivant, elle fut inondée d'une joie irrésistible, elle comprit qu'elle était sauvée garantie contre tout désespoir, qu'elle tenait là de quoi aimer à ne savoir plus faire autre chose."
M. de Fourville tue Julien, après avoir découvert qu'il était l'amant de sa femme. Paul part en pension à quinze ans au collège du Havre, où il suit des études.
Jeanne se retrouve ainsi seule après la mort du baron, de la baronne et de sa tante Lison. Alors qu'elle est rongée par le chagrin et qu'elle tombe dans une dépression . Par chance, Jeanne retrouve  Rosalie, son ancienne domestique. À cause des dépenses abusives de son fils Paul qui ne cesse de s'endetter, Jeanne se trouve en difficultés financières. Elle vend alors le château qui pourtant lui tient énormément à cœur, et emménage ailleurs avec Rosalie.  Un beau jour, Paul demande à Jeanne de s'occuper de son enfant. Grâce à l'arrivée de ce bébé, Jeanne retrouve le goût de la vie.
La vie de Jeanne est dure, violente son mari est un homme ignoble. Elle s'est trouvé de nombreuses fois dans un état de dépression.  Il la trompe à de nombreuse reprises. Il a épousé Jeanne pour son argent. L'intérêt de ce roman se trouve surtout dans les nombreuses thématiques abordées : l'argent, l'adultère, l'enfance, la religion, la famille
Une vie est le premier roman de Maupassant, mais auparavant il avait écrit ses célèbres nouvelles comme Boule de Suif et la Maison Tellier. C'est un livre assez triste pour ma part, pas facile à lire à mon goût, j'ai préféré Bel ami (découvert cette année) ou Pierre et Jean. Guy de Maupassant était un grand admirateur de Flaubert, auteur normand aussi. Jeanne et proche d'Emma (Madame Bovary).

lundi 12 décembre 2016

LAURA KASISCHKE : Esprit d'hiver

Traduction Aurélie Tronchet

« Quelque chose les avait suivi depuis la Russie jusque chez eux »
 Le jour de Noël, Holly reçoit ses beaux-parents, deux amies . Eric, son mari part en catastrophe chercher ses parents à l’aéroport.
Eric et Holly ont adopté une petite fille Tatiana, elle est d'origine russe. Ils sont allés chercher dans un orphelinat en Sibérie. Tatiana est une véritable adolescente.  Peu à peu, les souvenirs remontent et Holly qui se culpabilise de ne pas être une bonne mère.
" Toutes les mères connaissaient l'insatisfaction . Toutes les mères éprouvaient ces regrets. Holly aimait sa fille. Sa fille était l'unique chose en ce monde que Holly était née pour aimer. Sans Tatiana, il n'y avait rien, il n'y avait jamais, jamais rien eu sans Tatiana. "

Ce roman est un conte de Noël assez noir, un huis clos étouffant sous la neige. L'ambiance est inquiétante, Holly une mère qui veut tout contrôler. L'univers est glaçant. Une lecture en demi teinte malgré tout, j'ai trouvé ce roman trop long, un peu trop répétitif aussi.